"Personne n'est ma mère..."
Lorsqu'il n'y a ni passé ni avenir alors seulement la paix est là. Futur veut dire aspiration, accomplissement, but, ambition, désir. Vous ne pouvez pas être ici et maintenant, vous courez en permanence après quelque chose, ailleurs. L'on doit être totalement présent à l'instant présent, alors la paix est là. À partir de cela la vie se renouvelle, car elle ne connaît qu'un seul temps et c'est le présent.
Le passé est la mort, le futur n'est qu'une projection d'un passé déjà mort. Que pouvez-vous imaginer de l'avenir ? Vous pensez en termes de passé, c'est ce que vous connaissez et vous le projetez; en mieux bien sûr. C'est plus beau, mieux décoré, toutes les douleurs ont été éliminées et seuls les plaisirs ont été choisis; mais c'est le passé.
Le passé n'existe pas, le futur non plus, seul le présent existe. Être dans le présent c'est être vivant, intensément et c'est cela le renouveau.
Jésus était enfant; son père et sa mère se rendirent au grand Temple pour la fête annuelle. Jésus se perdit dans la foule et ses parents ne le retrouvèrent qu'à la nuit tombante. Il était assis avec quelques docteurs, lui, un enfant, il discutait avec eux de sujets religieux. Son père lui dit: "Jésus que fais-tu ici ? Nous nous sommes fait du souci à ton sujet".
Jésus répondit: "Ne t'inquiètes pas, je m'occupais des affaires de mon père".
"Je suis ton père !" s'exclama le père "et quel genre d'affaire traites-tu ici ? Je suis un charpentier !"
Jésus répondit: "Tu n'es pas mon père, mon père est aux cieux".
De même qu'un enfant doit quitter le corps de sa mère, sans quoi il mourrait; il doit sortir de son ventre. Mentalement, il se passe la même chose. Un jour l'enfant doit quitter le giron de ses parents, pas seulement physiquement mais aussi mentalement; pas seulement mentalement mais spirituellement. Et lorsque l'enfant spirituel est né, qu'il a complètement rompu ses liens avec le passé, pour la première fois il devient lui-même, une réalité indépendante, dans sa propre autorité. Avant cela il était un aspect de la mère, du père, de la famille; mais il n'était jamais lui-même.
Quoi que vous fassiez, quoi que vous pensiez, quoi que vous décidiez, observez; cela vient-il de vous ou du discours d'un autre ? Et vous serez surpris de découvrir la véritable voix; peut-être est-ce votre mère et vous l'entendez parler à nouveau, peut-être est-ce votre père; ce n'est pas difficile à déceler. Cela reste enregistré là, en vous, exactement comme cela vous a été dit la première fois; le conseil, l'ordre, le règlement, le commandement.
Vous pouvez retrouver de nombreuses personnes; les prêtres, les éducateurs, les amis, les voisins, les parents. Ce n'est pas la peine de lutter, il suffit de savoir qu'il ne s'agit pas de votre propre voix mais de celle d'un autre, qui que ce soit; vous savez que vous n'allez pas lui obéir. Quelles qu'en soient les conséquences, vous décidez maintenant d'agir par vous-même, vous décidez d'être adulte. Vous êtes suffisamment resté enfant, vous êtes suffisamment resté dépendant. Vous avez suffisamment écouté toutes ces voix et leur avez obéi. Et où vous ont-elles conduits ? Au gâchis.
Ainsi, dès que vous comprenez à qui appartient la voix, dites-lui adieu... car la personne qui vous parlait n'était pas votre ennemi. Son intention n'était pas mauvaise, mais peu import l'intention, la question est qu'elle vous imposait quelque chose qui ne venait pas de votre propre source intérieure ; et tout ce qui vient de l'extérieur fait de vous un esclave psychologique.
Seule votre propre voix vous guidera vers l'épanouissement, vers la liberté.